Alors que le marché Bio se ressaisit, le déclin en volume du salon amorcé lors des précédentes cessions semble irrésistible ; halls fermés ou largement amputés par manque d’exposants ; pôle Vivaness (art de vivre et cosmétique) définitivement supprimé, .…
La France se distingue par sa désertion massive de cette foire, 6 fois moins d’exposants cette année qu’en 2020 (140).
Avec 41 stands la France ne représente plus que 1,8% de la participation totale (2200).
Quelles sont les causes profondes de cet effondrement ?
La dernière décennie a vu proliférer les foires Bio dites internationales et ce dans un contexte économique récessif.
En conséquence des exposants et visiteurs réduisant fortement leurs budgets communication et déplacements sont en outre répartis sur davantage de manifestations.
Dans ce contexte, l’attractivité de Biofach, jadis rendez-vous incontournable de la Bio mondiale, souffre particulièrement.
Afin de remplir ce salon faut-il l’ouvrir aux entreprises non certifiées bio?
C’est la piste que semble privilégier son directeur si l’on en croit son sibyllin et discret communiqué de presse.
Depuis sa création en 1990 par Hagen Sunder, Hubert Rottner et Jürgen Ries, Biofach s’est construite grâce à des exposants qui ont toujours investi des ressources considérables pour respecter des normes biologiques exigeantes. Ils l’ont fait non seulement pour des raisons commerciales, mais par réel engagement éthique.
Cela reste pleinement vrai aujourd’hui.
Ces entreprises méritent reconnaissance et protection pour leurs efforts de long terme.
L’ouverture à des acteurs conventionnels crée une concurrence déloyale et dévalorise des décennies d’engagement en faveur de l’agriculture biologique.
Par ailleurs, Biofach joue un rôle central dans l’éducation des marchés et dans la construction de la perception des consommateurs. Toute dilution de ses standards risque d’affaiblir la confiance dans la certification biologique dans son ensemble.
Autoriser des entreprises non biologiques à participer, même sous conditions de commerce équitable, risque d’affaiblir cette identité et d’envoyer un message confus aux professionnels comme aux consommateurs.
Alors comment réhabiliter ce rendez-vous incontournable de la Bio ?
Analyser plus en profondeur les raisons de ce désengagement constituerait une démarche plus positive que toute remise en cause de l’identité fondamentale du salon qui ne ferait pas revenir les exposants historiques et en éloignerait d’autres durablement.
Plusieurs alternatives constructives pourraient être envisagées :
- Ramener le salon à trois jours, le quatrième jour étant devenu largement inefficace en raison de la faible fréquentation.
- Revoir en conséquence les frais de participation ;
- Créer des espaces dédiés et accessibles aux jeunes entreprises innovantes, afin de leur permettre d’accéder au salon et d’y apporter des idées nouvelles, de l’énergie et une véritable dynamique d’innovation.
Ces mesures permettraient de générer des économies substantielles pour les exposants et visiteurs, forts appréciables dans un contexte d’inflation des coûts dénuée de valeur ajoutée compensatrice.
C’est le souhait pressant qu’adressent les milieux d’affaires aux organisateurs, privés et publics.
Plus que jamais, la nécessité d’un salon Biofach affirmant identité et dynamisme de la Bio est d’actualité.
L’univers Bio se relève d’une crise sans précédent et doit porter toujours plus haut et plus fort ses valeurs fondatrices à travers des producteurs, des transformateurs et des distributeurs militants, porteurs de projets innovants, vertueux, joyeux et stimulants.
Tendances relevées
Les sans alcool présentent un choix de boissons apéritives me-too en progression et souvent de qualité.
Les aliments fermentés poursuivent leur développement, kombucha, kimchi, kéfir, miso,… sont désormais des classiques. Des nouveaux pourraient émerger telles les algues.
Les conditionnements sobres, voire éludés, 100% recyclables progressent en ingéniosité et innovation.
Enfin le « all included » gagne du terrain, reflet d’une demande pour des aliments fonctionnels apportant vitalité et longévité.
Enfin et plus généralement, l’accent est mis sur les saveurs, le Bio devant rimer avec Bon et Plaisir.